Le Sommet climatique s’est ouvert le 12 décembre 2017 dans la capitale française Paris, avec une priorité : la question du financement des pays vulnérable en vue de soutenir leurs efforts d’adaptation.
 Par Emmanuel Atcha
Tout comme à Bonn, à l’occasion de la COP 23, les pays en développement ont insisté sur la mobilisation des 100 milliards de dollars promis au One Planet Summit qui s’est ouvert le 12 décembre à Paris. Les attentes sont nombreuses à ce sujet. A en croire des sources diplomatiques, cette rencontre de haut niveau accordera la priorité à la question de financement de l'économie durable : le marché carbone, la régulation financière climatique et le Fonds vert pour le climat. « Ce sommet est une opportunité pour concrétiser sur le terrain des avancées en matière de lutte contre le changement climatique. Il est différent car il ne s’agit pas d’une énième rencontre politique à haut niveau, il va permettre de rassembler des groupes de personnes qui habituellement ne se rencontrent pas », a indiqué le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, cité par Europe 1. Pour ce dernier, cette rencontre qui mobilise plusieurs dirigeants de plus d’une centaine de pays est l’occasion de passer à une étape supérieure. « Les effets des changements climatiques se font voir de plus en plus. Comme aux rendez-vous de la COP 21, 22 et 23, plusieurs institutions internationales ont attiré notre attention sur l’urgence  de nous adapter. Mais ce processus a un coût énorme. Nous les pays en voie de développement avons besoin d’aide pour y faire face. Le Sommet de Paris nous permettra d’asseoir nos points de vue sur la question », a souligné une source du ministère togolais en charge de l’environnement, présente à Paris. « Nous n’en sommes plus aux négociations mais à la mise en œuvre, ce qu’on ne peut faire sans carburant » Même son de cloche au niveau de la délégation malienne où l’on se veut autant précis sinon plus. « Il faudra voir le degré de représentation de la centaine de pays invités. Le message doit être clair : la lutte contre le dérèglement climatique est toujours une priorité. La question du financement est un sujet primordial. Nous n’en sommes plus aux négociations mais à la mise en œuvre, ce qu’on ne peut faire sans carburant », a précisé Seyni Nafo, chef du groupe Afrique aux négociations de l’ONU. « Ce dont l’Afrique a besoin c’est que les fonds publics aillent en priorité aux mesures d’adaptation aux impacts du réchauffement », a ajouté l’expert. Toujours selon Seyni Nafo, le secteur privé et le marché se chargeront déjà des autres mesures qui sont destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans l’énergie, les transports, l’industrie, etc. Mais, les secteurs de l’adaptation aux changements climatiques ne sont généralement pas porteurs. Sauf que, pour les pays développés, les ressources publiques étant rares, il faut les utiliser en priorité pour créer un effet levier sur les ressources privées, un aspect qui ne tient que très peu compte de l’adaptation. « On espère qu’à Paris il y aura au moins une confirmation de la volonté des pays développés, pour plus d’adaptation dans les pays les plus vulnérables. Pour nous il y a urgence, pour ne pas anéantir les gains de croissance des dix dernières années. Le climat est une question de développement pour l’Afrique ». Revoir d’urgence le mécanisme de financement En dehors du problème de mobilisation des fonds, l’autre problème des pays vulnérable porte sur le mécanisme d’octroi. Pour plusieurs structures devant en bénéficier dans les pays en développement, il est trop contraignant. Emmanuel Seck, spécialiste du Fonds vert auprès de l'ONG Enda-Tiers monde à Dakar considère qu’il faudra vraiment s’y pencher. Il explique qu’en dehors des conditionnalités d’accès du Fonds qui sont trop difficiles pour les pays en voie de développement, ceux d’entre eux qui voudraient y accéder ne peuvent pas soumettre directement leurs projets à financer eux-mêmes. Le mécanisme prévoit de passer par les institutions accréditées auprès du Fonds vert du climat. « Ce sont les entités multilatérales, c'est à dire les grandes institutions du nord essentiellement, qui proposent des projets. Peu d'institutions africaines soumettent de grands projets ». Selon lui, seule une soixantaine d'organisations et institutions financières sont accréditées auprès du Fonds vert climat et dans les faits, pour les grands projets, nécessitant plus de 100 millions de dollars, il est « pour le moment » impossible pour les institutions africaines d'en faire la demande.  Des contradictions Il y aussi un autre souci qui ralentit le financement en Afrique. « Ce sont des capacités de gestion financière. On ne va pas demander à une institution qui n'a jamais géré plus de 50 millions de dollars de se charger d’une telle somme, regrette Emmanuel Seck. Parce qu'on ne peut pas dire qu'on a mis 100 milliards pour les pays en développement et que l'essentiel de ces financements-là ou une partie ne soient pas dans ces pays-là. Il y a donc une contradiction », a-t-il ajouté. Le rendez-vous de Paris sera peut-être celui du déclic.
 
Par Emmanuel Atcha
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